Accueil Introduction
L’EMBLÈME DES PEUPLES MÉTIS CANADIENS ET PÉRUVIENS PDF Imprimer Envoyer

L’EMBLÈME DES PEUPLES MÉTIS CANADIENS ET PÉRUVIENS

Drapeau Noir
Drapeaux CAC


 
Essai de vexillologie
 
Le drapeau métis arbore comme emblème un cercle blanc torsadé (tordu sur lui-même) et étiré. C'est son emblème central. Son origine est demeurée incertaine. Quant à sa couleur, « le premier drapeau remis aux Métis de la Rivière Rouge l’est par la Compagnie de la Baie d’Hudson » (1) et est sur fond rouge. (Réf. M. Gabriel Dufault, président de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba) C’est un drapeau de chasse. Le drapeau métis bleu vient après et il est la réplique du premier. Dès lors, il est incongru de laisser croire que parce qu’il est bleu, il s’inspire du drapeau des Écossais (bleu) qui porte en son centre le symbole (blanc) de la croix de saint André (crucifié sur une telle croix) (2).
 
Avant que ce signe emblématique représente politiquement les Métis, il apparaît communément sur leurs drapeaux de chasse. Ainsi, ce signe flottera le 19 juin 1816 lors d’une livraison de pemmican effectuée par un convoi de chasseurs métis. Il est intercepté. Une bataille sanglante s’ensuit à cet endroit connu sous le nom de la Grenouillère (3). Les Métis gagnent. Il y aura d’autres combats.
 
Les drapeaux métis de chasse, bleu ou rouge, ne furent toutefois pas utilisés durant leur si légitime rébellion à la Rivière Rouge, en1869 – 1870, ni lors de leur soulèvement à Batoche, en 1885. C’est un vent de fort nationalisme métis qui les fait maintenant flotter depuis une quarantaine d’années. Et ils sont utilisés par différents peuples métis des Amériques. Ces éclaircissements étant faits, ici, la question portera maintenant sur la provenance du signe symbolique que l’on dit le plus souvent (douteusement) être un signe mathématique exprimant l’infini.
 
Nous pouvons retrouver un semblable dessin en ses origines en mathématique. Il désigne en fait un nombre précis, nombre formé de trois lettres. C’est le chiffre romain mille apparaissant aux écrits latins des manuscrits ecclésiastiques chrétiens. Ce 1 000 fut d’abord écrit ? et ensuite CI? pour devenir ce M que nous connaissons. Or, c’est par télescopage des trois lettres manuscrites CI? que l’apparence visuelle du signe naît. Toutefois, il ne désigne pas l’infini mathématique ni l'éternité spirituelle. À la limite et par extension, CI? (mille) signifie un nombre grand et indéterminé tel dans la locution « Yahvé a mille noms » (beaucoup de noms). Mais le dessin ainsi formé par les trois lettres de l'alphabet romain sera retenu longtemps dans les manuscrits latins pour exprimer le nombre mille. Ce signe se distingue des autres par la rondeur des cercles. Par ailleurs, la mathématique utilisera, – et bien plus tard –, un signe semblable (mais pas pareil) pour exprimer l’infini matériel (nombres).

 

Le symbole grec ? est utilisé en mathématique (notations) pour la première fois en 1665 par John Wallis. Notons que ce signe présente deux cercles de grandeurs inégales alors que le symbole métis est composé de deux cercles (ovoïdes) de dimensions égales. Le symbole de Wallis ne désigne que des quantités négligeables tel dans le résidu (reste) de 7 divisé par trois qui vaut 2.333333333333333333333333333… 3 réduit de plus petit à plus petit, sans fin (valeur négligeable, des « poussières ») et non pas l'infini mathématique ou l'éternité biblique. Ce sera Cantor qui reprendra ce symbole pour lui donner l’esprit actuel des ensembles infinis. Ce symbole ne sera donc connu qu’après 1874 dans le sens que nous lui prêtons aujourd'hui. Et pas avant. Logiquement, le signe mathématique infini n’a donc pas pu être utilisé vers le début des années 1800 quand le drapeau métis fut conçu.

 

Monsieur John, un Métis de confession protestante, m'affirmait qu’il tient de ses sources que le signe est une extraction imagée faite à partir des vieux écrits religieux. En 1800, ces écrits sont bien connus des missionnaires chrétiens, protestants ou catholiques, nommément et qui enseignent aux Métis. Le signe référerait à l’ancienne union des deux feux (offrandes) faits en simultané. La pratique d'officier simultanément sur deux autels en un même temple (ou ailleurs au même moment) existe depuis fort longtemps et s’étale sur une très longue période, une qui conduit à l’établissement des Églises chrétiennes romaines. Avant et après Moïse (4). Aujourd’hui, les officiants n’emploient plus les deux autels en simultané. Cette pratique est oubliée.

 

Mais lorsqu’il en fut ainsi autour des deux autels, le trajet vu de haut fait autour des deux autels décrit la forme d’un huit couché tracé à la main que l’on retrouve sur le drapeau métis. Ainsi, les officiants contournaient le premier autel et se rendaient à l’autre en empruntant une diagonale menant derrière le deuxième autel. Après des offices au deuxième autel, ils poursuivaient leur marche en contournant l’autel de manière à croiser leurs derniers pas et revenir encore derrière le premier autel. Le tracé des déplacements successifs forme ainsi le signe d’un cercle torsadé (ce signe improprement appelé signe infini). Rappelons que le cercle exprime l’éternité (temps infini) chez les judéo-chrétiens et non pas l’infini matériel mathématique (signe grec infiniti). Ce cercle torsadé des Métis signifierait l’alliance éternelle de Dieu (Yahvé) et des peuples par ses deux boucles réunies. Ce concept aurait été connu des Métis du début des années 1800.

Dessin


 
Cette symbolique soulevée aurait eu une grande puissance chez les Métis des années 1800. La pratique des feux et des offrandes auxquels ils se sont vraisemblablement adonnés durant des millénaires, avant la venue des Métis voyageurs de l’Est (franco catholiques) et non pas les Européens écossais de Lord Selkirk (anglo protestants) qui viennent d’arriver et ne sont pas encore des Métis, ne peut que les rejoindre par leur expression spirituelle et leur culture autochtone profonde. Les Métis francophones catholiques du sud manitobain (Rivière Rouge) métissés depuis leur arrivée sur la côte atlantique recevaient alors, sans le savoir, le premier drapeau canadien. Les Métis employaient des drapeaux de chasses. Celui-ci fit histoire. Depuis la Grenouillère, il peut être considéré comme le drapeau d'un peuple qui affirme son existence et son autorité sans compromis.

 

Vu l'état des sciences de l'époque et les connaissances accessibles aux Métis vers 1800, l'explication apportée par Monsieur John a un caractère crédible tandis que les précédentes tentatives d'explications échouent à l'examen.


 
RÉFÉRENCES
1) Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM) : http://unmsjm.com/ceinture.html
2) Drapeaux anglais : http://www.lexilogos.com/grande_bretagne_drapeaux.htm
Il s’agit aussi d’une symbolique chrétienne, mais beaucoup plus jeune que celle des Métis lorsque l’on considère les drapeaux des Écossais (croix de saint André) ou des Irlandais (croix de saint Patrick), par exemple.
3) 1816, Bataille de la Grenouillère : http://www.francoidentitaire.ca/ouest/texte/T1861.htm
 
4) Autel, Loi de Moïse : http://www.cosmovisions.com/monuAutel.htm
 
(…) La loi de Moïse interdit les autels particuliers, pour ne pas favoriser le penchant à l'idolâtrie, et ordonna qu'il n'y aurait qu'un seul temple. Là furent placés deux autels : l'un, en bois de sittim, recouvert d'airain, fut destiné aux sacrifices; il était placé dans le parvis, en face de l'entrée du sanctuaire, avait 5 coudées en long et en large, 3 de hauteur (2,25 m, et 1,35 m), et un feu sacré y était perpétuellement entretenu; l'autre, placé dans le sanctuaire, devant le rideau du saint des saints, était revêtu de lances d'or, et servait à brûler les parfums (…)
 
2Ch 33:5 - Il construisit des autels à toute l'armée du ciel dans les deux cours du Temple de Yahvé.
http://www.cartage.org.lb/fr/themes/religion/christianisme/Bible/2ch/2ch33.html
 
Raymond Cyr
Formation doctorale en administration
Maîtrise en éducation
Baccalauréat en histoire et pédagogie
Certificat d’enseignement de l’anglais
Brevet permanent d’enseignement délivré par le ministère de l’Éducation du Québec
 
Représentant du Mouvement Est-Ouest
Représentant officiel et dirigeant de Communauté métisse de l'Estrie
Membre de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba
Membre de Communauté Métisse de la Gaspésie
Membre de Communauté Métis Magoua de Yamachiche
Membre de Communauté Métis de Maniwaki
 
Li Esprit, not criâteure, li courage mi yi nawn, paray chee i tayh ta maw.
Esprit, notre créateur, donne-nous le courage d'être une seule pensée.